mardi 21 octobre 2008

Ca a commencé avec beaucoup de tension, et qui dit 'tension' dit 'stress'.

Elle allait venir, elle venait me visiter.

Il fallait être le bon fils, prouver que j'avais fait le bon choix, que j'aimais ma ville, que je la connaissais par coeur.
Donc beaucoup de pression sur mes frêles épaules. Surtout qu'elle n'arrivait pas seule...

Heureusement, je m'étais rodé avec Léo et Régis, sympathiques cobayes qui ont participé volontairement à mon Marathon Erable '08.

Enifn. J'appréhendais, et visiblement, j'avais (en grande partie) tort.

C'est sûr, il y a eu quelques couacs.
La tour de l'Horloge fermée, le Vieux Port mauribond, le quartier chinois aussi passionnant que d'habitude... Le premier jour était plutôt bof. Heureusement que les queues de Castor ont été là pour nous réconforter! ^^
C'est sûr, ça peut mettre mal à l'aise d'aller au Kilo du Village un vendredi à 21h, mais hey! Elles avaient voulu voir le quartier gay! On fait pas la rue Sainte Catherine le mardi à 15h...
C'est sûr, payer trois billets pour le Biodôme et se rendre compte qu'on y est une heure après que les portes se soient fermées, c'est un peu rageant (mais surtout stupide, j'en conviens)
C'est sûr, ma mère pense que Ala et Erika sont deux fragments de mon imagination, mais elle a vu Franck et Marie, donc ça va, elle me croit fou (mais pas trop)

Mais à part ça, en gros, tout a roulé comme sur des roulettes.
Le parc Jean Drapeau de nuit, avec une belle vue sur le Downtown. Et un petit aperçu de la faune locale. Fi des ratons-laveurs et des loutres, vive les renards et les Lémurs de Madagascar (c'est plus dans le Sud de Montréal, vers Longueuil)
Outremont. "Où ils sont? Où ils sont? Oh! Yen a un là! Tu crois que je peux le prendre en photo?"
Westmount. "Ouais! Visiblement, eux, connaissent pas la crise..."
La Banquise. "MMMMMM. Qu'est-ce qu'elle est bonne, ma salade! Et toi Annie, ton omelette? Et toi, Cyrille......? EWWWW! Qu'est-ce que c'est laid de près!" (Oui, j'aurais jamais dû leur montrer une photo avant qu'on y aille.)
La part de gâteau au Rockaberry. "Oh mon dieu. Jamais j'arriverai à finir ça après ma salade de la Banquise." 3 minutes après. "Ah bah, là, si en fait." (Exactement le même refrain qu'au Bilboquet)
Le Mont-Royal. Le parc Lafontaine. Le Jardin Botanique. Le marché Jean Talon. Les mamans aiment la nature et les écureuils et l'été indien et les arbres verts, jaunes, oranges et rouges.
L'Intermarché de l'avenue Mont-Royal. Notamment les Oreos, le pain de Première Moisson et le café Van Houtte. (Oui, elles ont ramené de tout ça dans leurs valises)

Et Québec. "Un peu trop touristique quand même. Plus que Montréal. Moins d'âme, moins de passion, moins de personnalité."
Les Chutes de Montmorency. L'île d'Orléans. Le Chemin du Roy.

Et bien évidemment, les Chutes du Niagara. Première pour moi comme pour elles.




Impressionnantes mais qu'est-ce qu'on raque. Piège à touristes qui nuit totalement au charme du site. Mais bon, se faire mouiller en dessous de ce qui pourrait remplir un million de baignoires chaque seconde, on peut être aussi détaché que possible, ça fait quelque chose. On s'en fout de ressembler à Schtroumpf Grognon. Et être réveillé par le lever du soleil sur les chutes, c'est assez sympathique.




Au final, si on doit mesurer l'émerveillement au nombre de soupirs libérés, si on doit mesurer le bonheur au nombre de photos prises, en gros, si le fait de passer de bonnes vacances se mesure aux crampes et autres ampoules, et aux engueulades dans la voiture (pas de ma faute si ma mère est la pire copilote qui soit -_-) et aux yeux mouillés à l'aéroport, j'ai rempli ma mission. Haut la main.

Elles sont venues, elles ont vu, j'ai vaincu.

Alors pourquoi, vu que ma mère a vu ma ville et ma vie, vu qu'elle a compris pourquoi j'étais parti et m'a avoué qu'elle aurait bien aimé faire de même et qu'elle est elle aussi tombé en amour avec Montréal, pourquoi est-ce que moi aussi j'ai le coeur un peu gros?
Bon ok, vivre 15 jours avec sa mère, c'est exténuant, ça prend du temps et de l'énergie, et c'est peut-être dû au vide soudain que ça laisse.
Se retrouver seul, c'est un peu déprimant, après toutes ces émotions.
Enfin, "seul", c'est relatif. J'ai toujours mes amies imaginaires dans ma tête, hein? =P

Mais ça fait deux jours que je bouge à peine de mon lit. Après un week-end plus que rempli.
Pourtant j'ai des choses à faire.
Payer ma contravention (Oui, Yann, je pensais que c'était toi qu'était maudit, mais non. Dernier matin. Une heure avant que je rende la voiture. PAM! Parce que j'ai pas déplacé ma voiture entre 7h et 8h)
Acheter du dissolvant. (Oui, essayer le vernis à ongle d'Halloween avant Halloween, c'est ballot. Maintenant j'ai trois ongles noirs.)
Mais surtout SURTOUT chercher du travail. J'ai deux contacts dans deux maisons d'édition différentes. Pourquoi j'y vais à reculons?
Parce que j'ai pas envie de revenir à ce que je faisais en France?
C'est ce dont je suis de plus en plus certain. Je veux pas travailler dans l'édition, c'était pas un rêve, juste un chemin plus que rassurant. Une opportunité qui a duré...

MAIS ALORS QU'EST-CE QUE JE DOIS FAIRE...
Pire.
QU'EST-CE QUE JE VEUX FAIRE...
Encore pire.
QU'EST-CE QUE JE VAIS FAIRE...

PFF. J'en sais rien. Et en attendant je reste dans mon lit. Et je regarde les factures s'empiler.
C'est passionnant.
^_^

1 commentaire:

La Souris a dit…

L'amie imaginaire (une des deux) dit:
c'est gentil, ça, Cyrille, de te joindre au groupe des sans-projet/gloudouilleurs-qui-dépriment-en-regardant-des-séries-débiles-à-la-tévé-et-pensent-que-les-factures-sont-plus-imaginaires-que-les-amies....;o)